11 juin 2009
Capri
Il y a bientôt 2 ans, je planifiais mon déménagement de Québec vers Montréal. C'était décidé: Coloc (qui était un ami à l'époque) et moi on partait en colocation, on allait terminer nos maitrises à peu près en même temps, et on allait faire les 400 coups ensemble dans la grande ville québécoise.
Et puis en septembre, il y a un peu moins de 2 ans, on prenait possession de notre colocation. Moi la grande chambre, lui la petite... on n'a pas eu trop de mal à s'arranger pour ce genre de trucs.
Par la suite, on a fait quelques mauvais coups ensemble. On est sortis en clubs, en bars, je lui ai présenté des amis à moi, on est allé chez Ikea meubler l'appartement, on a fait du vélo... En fait, avant que vous vous fassiez la remarque, j'avoue sans honte qu'on a vécu comme un vrai petit couple.
Il y a eu des passages à vide, plus pour moi, parfois pour lui même si il ne s'exprimait pas trop et que je sentais plus que ne savais que quelque chose n'allait pas. J'ai perdu mon premier emploi, et il a été là pour me remonter le moral, à sa façon.
Et puis, en septembre dernier, il a souhaité qu'on continue une autre année. Sauf que... sauf que je savais que Coloc avait la bougeotte: max 2 ans dans le même appart, 1 an en colocation, je savais que ça ne dépasserait pas les 2 ans, notre partage d'appart qui se passait trop bien.
J'ai été baveux, on a fait des concessions, mais un jour, ça a pété. Un peu à cause de moi, un peu à cause de lui. 1 an et demi à vivre ensemble sans être en couple, c'est pas forcément très sain, surtout quand on partage une bonne quantité d'amis.
Ça devient vite irritant quand la sœur d'un ami nous dit dans une soirée qu'elle a cru pendant plusieurs heures qu'on était un couple, de la manière dont les gens parlaient de "Erwan et Coloc".
Je ne reviendrais pas sur les raisons ou motivations de cet arrêt de colocation. Une colocation, de toutes manières, c'est temporaire! 2 ans, c'est énorme... 4 ans, comme avec Coloc n°4 c'est franchement malsain.
Pour le futur... j'ai un problème: j'aime beaucoup mon quartier, plein de vie, pas toujours très bien famé, mais je suis au cœur de tout. Mais un 3 1/2 dans le coin, c'est impensable car trop cher, et même si je suis en mesure de payer, il y a une frontière entre le raisonnable et le moment où je ne suis plus en mesure de mettre de l'argent de côté.
Alors je dois déménager, car j'ai bien décidé d'arrêter avec les colocataires. Et j'ai le choix entre monter au nord (sympa mais un peu éloigné du centre ville) ou aller vers l'ouest (le côté anglophone). Il y a plusieurs critères pour mon déménagement: la proximité d'un cinéma, ne pas m'éloigner du travail, et possiblement de mon prochain travail - qui je l'espère sera au centre ville - , pouvoir rentrer à pied le soir, sans bus ou sans métro... bon, là je commence à remettre ça en question. Ne pas m'éloigner de mes amis non plus.
Mais il y a depuis peu quelque chose dont je prends conscience: je suis seul. Ma proximité amicale avec Coloc, le fait qu'on s'arrangeait bien en colocation ont fait que je ne l'ai pas ressenti ces derniers mois. Et là, je découvre que mes amis sont en couple ou mariés, prêts à avoir des enfants, et qu'il ne me reste que quelques mois voir années avant de me retrouver comme le vieux garçon de la gang.
Alors vous allez me dire: "voyons! tu es un gentil garçon! tu vas te trouver une blonde rapidement, te mettre en ménage et avoir toi aussi mariage, enfants, maison à peinturer en banlieue et tout le kit" mais...
Mais j'ai l'impression que ça, même si j'y aspire, est hors de ma portée. C'est con hein?
Bref, voilà comment la fin d'une colocation (peut-être aussi d'une amitié) et un déménagement me donnent un coup au moral.
Voilà pourquoi depuis quelques temps je ne blogue pas régulièrement. J'ai des passages avec et des passages sans, c'est la vie! Ça ira mieux bientôt je pense, et en attendant, j'essaie de vous donner un peu de lecture!
16 mars 2009
Le mystère de la paire de chaussures
Au Québec, il est courant d'avoir dans son placard d'entrée une petite étagère à 2 étages (3 en comptant le "rez-de-chaussée") pour poser ses chaussures. Les "étagères" sont à demi-ouvertes, ce qui permet aux chaussures l'hiver de sécher de la neige récoltée dehors et de mouiller l'intérieur des chaussures en dessous au passage.
Mon (notre? :-o) étagère étant achetée chez W@l M@rt, forcément pas chère, et forcément de mauvaise qualité (ils en avaient bien une chez !kea, mais elle était trop large pour entrer dans le placard... et ne pensez pas que je suis prévoyant, car je l'avais avant de venir dans l'appart, donc j'ai juste constaté... Et donc pris les mesures, mais sinon je ne l'aurais pas fait!). Bref... au bout de plusieurs mois d'usage, elle était branlante, et à moitié défoncée.
Coloc a pris ses tournevis, vis, le tout dans ses petites mains pleines de doigts boudinés, et a décidé (parce que je le lui demandais depuis 2 mois) de réparer l'étagère.
Étagère réparée, il remet les chaussures en place. Et on est assez "rangeux" dans la co-location: ses manteaux et chaussures sont à gauche, mes affaires à droite. Au bout de quelques jours, je remarque une paire de mocassins. Rien d'anormale à date, je ne connais pas par cœur les possessions chausseuses de Coloc! Sauf qu'au bout de 2-3 jours, un détail me frappe l'esprit (oui, ça a fait mal): la paire est à droite. De mon côté.
Je ne regarde pas plus que ça, mais demande quelques jours plus tard à Coloc: les mocassins, c'est à toi?
Coloc: tu m'as déjà vu avec des mocassins? (Euh non mais je t'a jamais vu en caleçon (ah si!) avec du shampoing sur la tête, mais je suis sur que tu en mets!)
Moi: ben là... parce que j'ai pas eu de mocassins depuis au moins 10 ans, donc c'est pas à moi!
Coloc: regarde la pointure... tu fais du combien déjà?
Moi: je fais du 43... et c'est *regarde les chaussures* ben *pestage en moi-même* du 43 aussi.
Coloc: cqfd!
Moi: petit con! mais puisque je te dis que c'est pas mes chaussures T*b*rn*k!!!
Coloc: c'est pas ma pointure, donc c'est pas les miennes!
Voilà où a commencé le mystère...
Il m'est arrivé d'avoir des amis à la maison. On peut enlever les amis venus pour la soirée, ce serait étonnant qu'ils soient repartis sans leurs chaussures! (surtout l'hiver)
Il y a des copains restés pour une nuit ou un weekend... Mais là, le tour est vite fait... c'est à aucun de la gang.
Donc me voici avec un problème, et de taille! (43 en fait):
- Soit je suis complètement Alzheimer
- Soit on a un ami qui l'est (puisque reparti sans ses chaussures de chez nous).
Ah oui, évidemment ça peut être un des amis de Coloc, mais dans ce cas là, ça date d'un jour où j'étais pas là. Évidemment, ça pourrait avoir une autre raison, mais ça m'a bouffé tout le weekend à me demander qui avait pu oublier ses chaussures chez moi.
Si vous croyez que je vais essayer les chaussures aux pieds de tou(te)s les Cendrillons potentiels... faut pas exagérer!
17 novembre 2008
Histoire d'eau
Au Québec, on ne lésine que rarement sur l'eau. Les réserves et la faible densité de population expliquent sans doute pourquoi j'ai été choqué la première fois que j'ai tiré une chasse d'eau par le volume gaspillé.
Mais ce n'est pas vraiment le problème ici. Depuis que j'ai emménagé dans mon appartement, mis à part une fuite d'eau mystérieuse sous l'évier, je n'ai eu aucun problème d'eau. Jusqu'à il y a un mois. À cette date, la pression dans les tuyaux était telle que... j'entendais mes voisins. Ou plutôt l'utilisation de leur salle-de-bain. La mienne, ce n'était pas forcément mieux. Quand j'utilisais l'eau alors que Coloc dormait, j'avais beau dire 'chuuuut fais moins de bruit!', le vacarme était impressionnant.
Et je ne parle pas de la douche! Je suis certain que je me suis fais des séances de muscu en tentant de rester sous le jet d'eau.
Et il y a une semaine, le phénomène inverse s'est produit: plus de pression. Plus du tout de pression. Alors oui, plus de bruit des voisins, plus de réveil de Coloc au milieu de la nuit (ce qui provoque un Coloc grognon. Enfin quand je dis 'grognon', c'est pire que d'habitude, c'est dire!) et quelques autres avantages comme ma culpabilité de sale occidental gâté qui consomme et surconsomme en un jour ce que beaucoup n'ont pas en un mois réduite.
Mais quand on passe plus de temps à enlever le savon qu'à le mettre, et qu'au sortir de la douche on est obligé de vérifier qu'il n'en reste pas dans sa tignasse (surtout quand on a 1/2 cm de cheveu sur le crâne)... ça craint.
Au bout de 3 jours, la pression est revenue comme avant. Avant... il y a 1 mois. Donc plus de bataille contre le jet d'eau le matin pour ne pas être plaqué à la paroie opposée de la douche. Plus de bruit de la salle-de-bain des voisins. Plus de remords à tirer la chasse d'eau en pleine nuit. Mais plus 3h sous la douche pour se laver, plus de prières à tout être supérieur pouvant m'assurer que ma douche ne s'arrête pas alors que j'ai les cheveux plein de shampoing.
16 mai 2008
Colloc 4: le super coup du subw@y
A peine arrivé à la maison, Colloc4 me propose un Subw@y.
Un quoi?
Un fast-food subw@y, si. Avec des sandwichs. C'est en tous cas ce que je comprends.
Direction le subw@y donc. Je ne connais pas, c'était en 2003, à l'époque où il y avait 4 subw@y en France (chiffres vérifiés)
Sauf que là... Le gars me demande quelle taille mon sous-marin, 6 pouces, 12 pouces, quoi comme pain, supplément bacon, fromage suisse ou cheddar... A une vitesse telle que mon cerveau décode environ 1 mot sur 25.
Colloc 4 me regarde comme un déficient mental et me dit: "ton sandwich, cette taille (écart entre ses mains de 15 cm), ou cette taille (30 cm d'écart)?". Le tout en espaçant chaque syllabe de l'autre, en perdant son accent.
Autre truc: le gars me demande si je veux un trio.
Un quoi?
Même pas le temps de demander plus, Colloc 4 passe la commande à ma place. Ce sera un trio donc.
Je ne sais même pas, quand le gars désespéré me demande ce que je veux rajouter dedans: tomates, salade, piments verts (des poivrons... il me prend pour un con ou quoi? je vois bien que c'est pas des piments!). Mais... c'est gratuit? Non? supplément? Non? Sauce? Sel, poivre et huile?
Le summum vient avec la boisson: tu prends quoi comme liqueur?
Attend... Ok, je sais que mon cas est désespéré gars.
Je sais que je suis français et que pour toute personne hors de France, un français ça vient avec sa baguette de pain et son litron de vin, mais...
Une liqueur à 3h de l'après-midi?! Tu me prends pour un alcoolique ou quoi?
Colloc 4 me glisse doucement: "tu veux quoi comme soda?" Ben euh... un coca light...
Le gars me regarde comme si j'étais E.T.
Colloc4 lui demande pour moi un coke diète... ah.. ok.
Eh oui, car si au final ma première expérience en fastfood américain ne s'est pas trop mal passé grâce à Colloc4, il faut bien comprendre que le jargon des fastfoods en France est totalement ridicule: certains rient quand je leur dis qu'ici c'est un "service au volant", et non un "drive in".
Attendez, riez pas trop! Drive in, vous savez ce que ça veut dire? "rouler dedans".
C'est juste qu'on fait le tour du McDo avec la voiture. Donc drive thru est beaucoup plus logique, mais bon...
Idem avec le coca pas lourd français. Diète, même si c'est une francisation sauvage du diet anglais est plus logique, il me semble.
En tous cas... j'ai mis mon expérience du subw@y dans un coin de mon esprit, et quelques mois plus tard... ma famille venait me rendre visite.
J'avoue, j'allais au subw@y environ 3 fois par semaine, au grand damne de mon binôme. Donc, 3 x 16 (semaines) = 48 sous-marins!
Et j'ai amené mes parents au subw@y...
Gnark gnark...
Il faut s'imaginer moi commandant en premier, mon frère en second, et ainsi de suite, avec dans la ligne:
- ceux qui ne connaissent pas mais me font confiance (genre mon frangin)
- ceux qui ne comprennent rien (ma mère)
- ceux qui s'en foutent royalement (mon père)
- etc.
Et ça donne ça:
Serveur: Et vous?
Parent X (frère, mère, père, etc.): La même chose.
15 mai 2008
Colloc 4
Comme je disais hier, j'étais resté sur la mauvaise expérience avec Colloc 3.
Mais ceci était sans compter sur ma future amie Delphine (à l'époque. Celle de mardi).
Si une image de Québec me vient à l'esprit, c'est sans doute le pont de Québec. Souvenir d'une glace mangée en le regardant la nuit, souvenirs de toutes les fois que je l'ai traversé en arrivant à Québec, avec un sentiment... Et enfin, parce qu'il amène dans le quartier de Sainte-Foy! (Et puis, j'ai toujours adoré les structures comme ce pont. Éclairées la nuit, c'est un spectacle fascinant)
Delphine était un an avant moi dans mon école. Et avait fait le saut au Québec, donc un an avant moi. Comme le personnel de mon école était d'une compétence plus que douteuse, je me suis retrouvé à lui écrire, car la connaissant de vue (qui ne connaissait pas Delphine?), mais je ne lui avais jamais parlé (me semble).
Premier mail: comment tu as fait, etc.?
Je ne sais plus trop bien, si c'est elle qui m'a déconseillé les résidences universitaires, trop souvent noyautées par des étudiants étrangers, qui du coup se renferment sur eux-même, et ne découvrent que le Québec de cartes postales. Et elle me dit qu'elle est en collocation, que ça se passe bien, enfin que c'est plus une chambre qu'elle loue chez un Québécois, mais très sympa le gars. Et un jour me dit qu'elle part pour Montréal en juin ou juillet.
Woh! Minute! Tu es contente, tu me conseilles ce genre de collocation (pas besoin d'acheter de vaisselle, de draps, de meubles), et tu pars? Je peux récupérer ton appart?
La réponse a tardé, mais c'était finalement que non, elle ne partait pas à Montréal, restait à Québec, et gardait sa chambre et son colloc.
Shite! Je dois dire que je me suis un peu senti con d'avoir joué les vautours...
Mais là, elle me dit qu'une de ses amies du tango avait une maison, avait eu un colloc déjà, mais que là elle était seule, et envisageait d'en prendre un nouveau. Ça t'intéresse? Y'a 3 conditions: tu dois pas fumer, ne pas ramener de copine à la maison et aimer les chats (en tous cas ne pas être allergique). Sympa, pas bordélique, ça allait de soit bien entendu.
Woooh! Minute! Mais c'est tout moi ça! Beau, grand, fort, non fumeur, aimant les chats, bordéliq... euh, oui, très sympa!
Et me voici avec une collocation toute neuve.
Avec une femme.
Meeeerde.
Attends cher lecteur! Ma future colloc 4 est... infirmière de métier!
Arghh...
Aller, pas de préjugés, ça ira... enfin, faut espérer.
Et là, je me retrouve à marcher à pieds joints sur ma résolution: plus d'infirmière, plus de femme en collocation, et surtout plus de collocation.
Le jour du départ, il y a des retards de 2h en moyenne sur les
vols (Rappelez-vous, cette coupure d'électricité dans le
nord est des USA et en Ontario qui avaient provoqué des annulations de
vols et des retards pendants des jours... c'était ma faute 2 jours avant mon
départ).
Mon voyage se passe plutôt bien, sauf que j'ai
l'immigration à passer, et... ça me prend 2h! 4h de retard, put@in, je
sais même pas où je suis, je me suis levé à 3h ce matin, je suis mort,
ma future-ex-colloc ne m'a surement pas attendu.
Et si.
Car même si elle ne m'a pas donné de photos, je la reconnais de suite au regard qu'elle fait en me voyant. Une fois que je l'ai rattrapé après sa vaine tentative de fuite
l'on s'est dit bonjour, que j'ai souhaité bon courage au français qui a
tapé la discute avec moi et m'a conseillé la meilleure poutine en ville, c'est direction la maison.
Premier contact, assez spécial je dois dire... Plus chaleureux que je ne pensais... elle m'a parlé comme si j'étais parti la veille de chez elle; un peu bavarde, moins que moi, mais très gentille.
14 mai 2008
Colloc 3 (les bitcheries, suite)
5ème bitcherie (elle, moi): la vaisselle
Colloc 2 et moi avions nos rythmes. Je faisais ma vaisselle directement
après le repas, Colloc 2 la faisait avant son repas. Chacun ses
préférences, je ne juge pas.
Colloc 3 arrive un jour: "ouai, Colloc 2 il laisse tout le temps sa vaisselle dans l'évier, c'est dégueulasse"
Moi: "ben on se débrouille bien nous deux: il la fait avant le repas, moi après"
Elle: "tu peux pas lui dire de la faire après ses repas?"
Moi: "c'est que... je te laisse le faire, je ne fais pas la police"
Elle: "Ah d'accord..."
conclusion: elle n'est jamais allé voir Colloc 2. J'en ai parlé à Colloc 2,
en lui disant que moi ça ne m'embêtais pas, et qu'il avait ma
bénédiction pour continuer. Par contre, Colloc3 laissait toujours sa
vaisselle sale dans l'évier du coup, et Colloc 2, très bonne poire, la
faisait pour elle. C'est pas moi qui aurait fait la vaisselle de cette
petite fille gâtée.
Anecdote qui me fait toujours rire:
Nous continuions à
faire chacun le ménage 1 semaine sur 3. Et elle, terminant ses cours le
vendredi vers 16h00, je rentrais au plus tard vers 17h, et elle avait
tout nettoyé (tout nettoyé, c'est vite dit quand même, je doute
qu'aucun de mes collocs a part moi, en 2 ans, ait nettoyé la
baignoire...), avait fait sa
valise et était partie. Certaines me diront: "ah oui, nous les femmes
sommes plus efficaces que les garçons". Hum...
En fait j'ai eu la
réponse à ce mystère un jour, où rentrant plus tôt, j'ai trouvé l'appart en cours de
nettoyage par elle... et son copain! Quand je vous disais qu'elle était
manipulatrice et lui très bête, ou amoureux, ce qui revient souvent au même.
En gros, on peut dire que toutes les règles de base qu'on avait fixé, et qu'on maintenait depuis 1 an, elle les a brisées: le ménage, ne pas gêner les autres (bruit, amis), les chums/blondes à l'appart... Je ne sais pas si c'est sa crise d'adolescence qu'elle faisait, mais... ce fut très pénible.
Bref... après Colloc 3 j'ai dit "plus jamais". Plus jamais avec une
fille en collocation. Plus rien à faire avec les infirmières (la mère
parfois envahissante de Colloc 3 mais plus sympathique était aussi infirmière). Plus jamais de collocation. Plus jamais.
Mais les résolutions, c'est fait pour être brisé, non?
12 mai 2008
Colloc 3 (les bitcheries)
Je me suis demandé s'il était pertinent de raconter ces petites bitcheries entre colocataires. Je pense qu'il peut être intéressant de parler de ces mauvais moments, et de combien une collocation peut virer parfois au cauchemar, et avec le recul, le tout dans une puérilité exaspérante.
1ère bitcherie (de moi): la télé
Parfois, le matin, j'avais droit à une grasse matinée. Mais Colloc 3
faisait du bruit, mettait à fond le volume de ma télé (qui était dans
le salon), ce qui avait d'autant le chic pour m'énerver! Pas très
adulte, j'ai un soir débranché le câble d'antenne de la télé.
Le
lendemain, elle m'a quand même réveillé avec son tapage habituel, mais
j'ai ricané 15 minutes car elle n'a pas trouvé "la panne". Faut pas la
prendre trop pour une conne non plus, au bout de 3 fois comme ça, elle
a compris le truc, et me l'a fait comprendre en rebranchant le câble.
J'ai trouvé ma réaction puérile et bête. Mais je ne regrette pas! (à noter: je n'ai jamais eu ce problème avec Colloc 2 quand il se levait tôt)
2nde bitcherie (de elle): les cadeaux de départ en weekends-vacances
Un des problèmes majeurs entre elle et nous c'est qu'on avait des
emplois du temps décalés d'une semaine: elle faisait la fête
généralement quand nous on révisait. Je ne vais pas l'en blâmer trop,
mais c'est certain que dans un cas où les collocs ont un examen le
lendemain, on évite de terminer le party dans l'appart après minuit.
Seulement, premier party... me semble que la moindre des choses est de nettoyer l'appart (c'est pas mes amis, je n'y ai pas participé). Elle est partie le lendemain en vacances, me laissant un très peu ragoutant sac de bières à moitié
pleines, plus ou moins renversées. Sac légèrement puant donc, le tout
près de la porte dans l'entrée. J'ai retrouvé des capsules de bière sous un peu tous les meubles aussi.
Un grand classique était de laisser sa vaisselle (genre bol de fromage blanc à moitié plein) dans l'évier et de partir en weekend.
3ème bitcherie (de moi): le dégagement de gang à 1h30 du mat
Colloc3 ne passait aucun weekend chez nous, préférant aller dormir chez sa
mère. Pourtant un samedi soir, vers 1h30 du matin (donc le dimanche
matin quoi), elle a débarqué avec une quinzaine d'amis chez nous.
De 1, elle aurait pu nous prévenir: j'étais en pyjama quand elle est entrée, il y a plus glamprout comme tenue pour voir les ami(e)s de sa colloc!
De 2, c'était encore là une veille d'une semaine d'exams pour nous. Vu ma tenue, elle a compris que son after chez nous était compromis, et est partie avec sa smala. Colloc 2 est sorti de sa chambre alors que la gang venait de quitter les lieux. Quand je lui ai raconté le coup du débarquement, il m'a dit que si ils étaient restés, c'était lui qui les virait!
4ème bitcherie (de elle): le retour de soirée avec une amie
Colloc 3 m'avait demandé si sa copine X pouvait dormir à l'appart, préférant ne pas rentrer chez elle avec un verre dans le nez après une soirée. Tant que les autres collocs étions d'accord, je ne voyais pas de problème.
Cela dit, les filles sont rentrées à 3h du matin bien tassé. Et direction la salle de bain. J'avais oublié qu'une fille (censuré car jugé trop misogyne) personne pouvait prendre une douche en plus de 20 minutes. Alors multipliez par 2 (je pense qu'elles ont fait un concours: je vais rester plus que l'autre sous la douche pour faire genre je suis plus propre et j'aurai la peau toute ridée). Et moi, pendant ce temps, je suis dans mon lit, à fixer la lumière du couloir sous ma porte, et me demander si je vais couper le chauffe-eau.
Ce que je n'ai malheureusement pas fait.
09 mai 2008
Colloc 3
Colloc 2 et moi nous sommes retrouvés, avec le départ de Colloc 1, avec une chambre de libre, et une place à attribuer.
Une petite annonce dans le journal local, et hop, on attend... sauf qu'au final, on a eu 2 candidats sérieux!
Les deux derniers candidats étaient une élève infirmière et un étudiant en IUT, à moto.
De prime abord, le second me paraissait plus fêtard, et surtout fumait. Ce qui me valait de me retrouver en minorité dans l'appartement. De là à ce qu'ils décident que la majorité décidait de transformer l'appart en appart fumeur, il n'y avait qu'un pas!
Du coup, j'ai privilégié l'infirmière, qui avait une sœur très sympathique (mais malheureusement étudiante à l'autre bout de la France). N'empêche, j'ai commencé à me dire que j'avais peut-être fait une erreur quand elle a emménagé: J'étais là, je ne faisais rien, et elles étaient 3 (la mère et les 2 filles) à se trimbaler les meubles sur 4 étages sans ascenseur. La sœur a suggéré: "on pourrait demander à Erwan", à quoi Colloc 3 a rétorqué un "non" sec. Une engueulade a suivi sur la manière de monter le lit (pourtant, ce n'était pas du Ikea!), là encore, proposition de la sœur de demander de l'aide au mâle dominant à moi. Toujours non.
Colloc 3 avait par rapport à Colloc 2 et moi une assez grande différence d'âge: 5 ans. Parmi mes proches, certains ont entre 4 et 7 ans de moins que moi, et je m'arrange très bien avec elles/eux, même quand on avait cet âge. Mais ces 5 ans de différence avec Colloc 3 nous plaçaient dans la catégorie des vieux.
Vieux parce qu'on avait déjà un peu tout expérimenter: aller en cours le lendemain de fêtes, sans dormir. Des soirées sans fin avec les copains, les amusements qu'on a quand on est étudiant, même si j'ai toujours été trop sage. Et pourtant, on en était encore à faire les 400 coups, quand l'envie nous en prenait.
Je n'en connais pas dans mes amies et ma famille, mais certaines filles, je l'ai appris, sont les reines de la manipulation. 1 ou 2 questions, et zou, elles vous embobinent et obtiennent de vous ce qu'elles veulent. Colloc 3 m'a fait le coup 1 fois pour des courses. A cette époque je cherchais plus que partager 2 pièces et 1 salle de bain. Des repas et courses en commun m'auraient intéressé, mais Colloc 3 non, même si elle m'avait dit le contraire lorsque nous avons convenu de cohabiter.
C'était aussi très pratique d'avoir son colloc membre de l'association des élèves qui organisait le plus de soirées. 1 ou 2 mois à ce rythme là, et je l'évitais comme la peste dans les soirées!
16 avril 2008
Coloc 2
Mon second colocataire nous a rejoint, Coloc 1 et moi, 2 jours après la première rencontre Coloc 1- moi. Bien différent de Coloc 1, il sortait de collocation lui-même, et a demandé une chose: pas de petite amie à l'appart (parce que sinon, elles squattent, elles restent, et il s'était retrouvé avec son ancien coloc dans la situation de la 5ème roue du carosse ou plus subtilement de la 3ème roue de la moto).
Aucune raison pour mettre cette image. Non, mais elle est belle à part ça? (C'était soit ça, soit le duo petits chien-canard pour égaler hier) -->
Cool est l'adjectif qui lui allait le mieux. Jamais stressé, il m'a fait relativiser sur les études. On est resté 2 ans en collocation (tandis que Coloc 1 est parti au bout de 1 an). Comme pour Coloc 1, on ne partageait pas la nourriture, et pas vraiment les heures de repas.
Il m'a fait beaucoup rire car il avait des rythmes... très réguliers. Le lundi, il faisait son épicerie. Il achetait une pizza qu'il mangeait le soir. Le mardi, c'était carbonara, puis mercredi thon-pâtes-ketchup, et ainsi de suite. J'adorais le voir regarder son emploi du temps du lendemain, emploi du temps qu'il sortait froissé d'une de ses poches, et il sortait des trucs genre "Bon, demain j'ai un cours de X de 8 à 10 avec tel prof... Bon c'est nul, ce soir je regarde un film et je vais en cours seulement à 10h."
C'est grâce à lui donc que j'ai pris un peu le même rythme, et que j'ai même séché totalement un cours. (bon, 4x2h, toujours le matin à 8h...) J'avais adoré, le 4ème séchage de cours, j'arrive le cours suivant et dis aux copains: Ok, la prochaine fois, je viens.
Et tous de me regarder incrédules: Mais Erwan, c'était le dernier cours!
Pour en revenir à Coloc 2, le seul truc pas glop, c'est qu'il fumait. Et pas que du tabac, loin de là même. Mais ça cadrait avec le reste du personnage.
Comme pour Coloc 1, Coloc 2 et moi, on ne se voit plus, on ne se parle plus. J'ai bien essayé de garder le contact, mais dès que je suis arrivé au Canada, j'ai envoyé des mails, mais il ne m'a jamais répondu. 1 mail ok. 2 mails, bon... mais y'aura pas de 3ème!
Dommage, parce que je le trouvais sympa. C'est lui qui m'a fait découvrir Garbage, à ma grande honte je ne connaissais pas. Il téléchargeait beaucoup de films, y compris des films "de merde" qui ne sortaient même pas en France. Mais l'un dans l'autre, on a très bien cohabité ces 2 années.
15 avril 2008
Coloc 1
Je vais continuer cette semaine avec des histoires sur mes colocs.
Mon premier coloc, enfin le premier dans le sens où on s'est mis en colocation avant que coloc 2 ne se joigne à nous quelques jours plus tard.
J'ai honte, mais je ne savais pas que mettre comme image: un chaton, un poussin, et surtout pas de neige! J'ai craqué... -->
Si j'ai une chose à reprocher à Coloc1, avec le temps, c'est d'être rentré en colocation par défaut, car il n'avait rien trouvé de bien pour lui tout seul. Il m'avait même proposé un moment de garder l'appart pour nous 2, et de se le diviser: 2 pièces chaque, on partage la cuisine et la salle de bain, et that's it.
Pas trop sociale, comme modèle!
J'avais refusé, me voyant mal transformer l'appart en mini-résidence universitaire. Pour bourgeois. Parce que 2 chambres chacun... c'est pas très populo.
Il nous est arrivé de regarder la télé ensemble, de manger en même temps, de s'échanger des films et de la musique, mais ça s'est arrêté là. Car la majorité du temps, Coloc1 mangeait dans sa chambre, devant son PC. Et c'est ça que je reproche un peu, car la colocation c'est plus que partager des factures et les pièces communes d'un appart. Selon moi.
Ma plus grande surprise a été après son départ. Coloc1 et moi étudions dans le même établissement, et des amis m'ont un jour révélé qu'il était homosexuel. Ça a été un léger choc, même si à la question "Mais tu n'étais pas entré dans sa chambre?" j'avais répondu "Ben non, c'était sa chambre, je n'avais rien à y faire" (j'ai toujours détesté les colocs qui font comme si ils étaient chez eux dans votre chambre).
Et puis, la nouvelle assimilée, je me suis dit: "Et alors?". Oui, et alors, ça changeait quoi? Et rapidement la réponse m'est venue: RIEN. N'empêche, avoir découvert ça après son départ, ça m'a permis d'ouvrir un peu mon esprit. Et d'arriver à la conclusion qu'avant, pendant, après, il n'avait pas à me le dire (sauf si il l'avait voulu!)
Il n'a pas été mon coloc préféré, mais pas non plus mon pire coloc. Il m'a permis de prendre conscience que le ménage était un truc important en colocation (il a instauré le tour de ménage: 3 gars, chacun fait le ménage 1 semaine, donc un cycle pas si pire de 3 semaines). Et bon, il était quand même sympa.
Je ne vois plus Coloc1, et n'ai plus de contact avec lui. Par contre, j'ai un jour vu dans le RER un gars qui lui ressemblait beaucoup. Comme Coloc n'était pas sur Paris théoriquement, je n'ai pas jugé bon d'aller voir le gars, qui était avec des amis, et de lui demander si il n'était pas mon ancien colocataire... Ça aurait eu l'air con, non?
